AURELIEN ALBERGE

Ecrit parLe 21 octobre 2018

 

À seulement 28 ans, ce natif d’Albi [Tarn] danse sa vie, comme il le fait sur la scène du Lido de Paris depuis bientôt un an. Soliste cancan, chorégraphe, professeur et désormais metteur en scène, il croque la vie sans ménagement et avec détermination. Ne s’interdisant rien, l’artiste vole, tourbillonne en quête de confiance et, surtout, des sourires émerveillés du public. Affichant un parcours déjà impressionnant, celui qui prépare actuellement le one-woman-show [très attendu] de Lolla Wesh n’en finit pas de nous faire vibrer avec pour seul maître mot : la générosité.

Raconte-nous comment la danse est arrivée dans ta vie ?

J’avais à peu près quatre ans et demi quand je suis allé voir un spectacle de danse à l’école de ma sœur et, en sortant, j’ai dit à mes parents que c’était ce que je voulais faire. Six mois plus tard, je prenais mon premier cours. Le fait d’être sur scène, de parler différemment avec son corps, c’est ce qui m’a attiré. J’étais un enfant qui n’avait pas du tout confiance en lui. J’avais besoin d’être fier de ce que je faisais et de qui j’étais.

Aujourd’hui, avec le parcours que tu as, as-tu davantage confiance en toi ?
[Il sourit] Oui, de plus en plus ! J’ai onze ans de carrière dans le classique et le contemporain. J’ai été dans d’importantes compagnies à Monte Carlo, Biarritz et j’ai effectué ma formation à l’Opéra de Paris. Ce sont de bonnes choses qui m’ont beaucoup nourri, mais j’avais toujours ce manque de confiance en moi quand j’étais sur scène. La peur de trop bien faire me retenait et, depuis un an que je suis à Paris, là, c’est le contraire…

Tu as quitté la région Albigeoise et tes parents à huit ans. Comment ça s’est passé quand tu leur as dit que tu voulais partir à Paris pour être formé au métier de danseur ?

Je suivais déjà beaucoup tous les spectacles qui passaient à l’Opéra de Paris. Et puis, les cours de danse se passaient bien et les membres du jury m’encourageaient, me disaient qu’il fallait que je pousse. Alors j’ai demandé à mes parents et ils m’ont aidé. Ça n’a pas dû être facile, mais ils m’ont toujours encouragé. Et puis, ma sœur a ouvert la voie car elle a été aussi danseuse professionnelle avant moi…

La formation à L’Opéra de Paris est réputée pour son exigence. Il n’y a pas des moments de doute quand on n’a même pas dix ans?

Oh si [rires] ! À mes 10 ans, j’ai quitté l’Opéra pendant un an. Je me disais que je ne pouvais plus. Ce n’était pas physique mais plus mental. Après six mois d’arrêt, je me suis rendu compte que c’était une erreur d’abandonner, j’ai donc voulu y retourner et j’ai dû repasser l’audition. C’était une période transitoire dont j’ai eu besoin et j’en suis revenu plus fort. Je suis sorti diplômé et quand les différentes compagnies voient Opéra de Paris sur le CV, ça ouvre beaucoup de portes…

Justement, ça fait bientôt un an que tu es au Lido tous les soirs. C’était un rêve ?

Ça m’a toujours attiré quand je venais, avec mes parents, voir des spectacles à Paris. J’ai toujours été fasciné par le Lido car il y avait un côté classe et moderne. J’aime bien l’idée de la formation classique qui arrive au Lido. Surprendre, c’est mon but. J’ai passé le casting il y a trois ans, quand ils ont créé le spectacle «Paris Merveille». Ça a été ma meilleure audition, celle où je me suis senti moi-même. Je me suis amusé, sans penser si ce que je faisais était bien ou mal. On était plus de 200. Ils m’ont proposé trois contrats que j’ai refusés, pour la simple et bonne raison que j’étais encore à Monaco et que je ne me voyais pas lâcher la troupe en cours de route. J’ai terminé ma saison et je suis revenu passer l’audition. On m’a, un peu, fait payer mes refus, ce qui est compréhensible. Je suis revenu une nouvelle fois et là ça a marché.

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